C'est Beyrouth. Je te jure, c'est Beyrouth ! - SOS FRANCOPHOBIE

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C'est Beyrouth. Je te jure, c'est Beyrouth !


"C'est Beyrouth. Je te jure,
c'est Beyrouth !"


Alors que le quartier de la Villeneuve, à Grenoble, a vécu une nuit de heurts violents, les casseurs crient leur haine des policiers. Syndicats de police et élus locaux réclament des moyens supplémentaires alors que le "seuil de rupture" est atteint.


"C'est Beyrouth. Je te jure, c'est Beyrouth !" s'exclame un habitant du quartier de la Villeneuve en voyant passer des voitures de police toutes sirènes hurlantes. Au-dessus des immeubles, dans le ciel nocturne, passe un hélicoptère de la gendarmerie, équipé de projecteurs et d'une lumière infrarouge pour filmer les attroupements. Des CRS tentent d'encercler des petits groupes de jeunes, insaisissables, qui courent et cassent tout ce qui se trouve sur leur chemin. Une quinzaine d'entre eux, certains le visage masqué par un T-shirt blanc, détruisent deux abribus avec des battes de base-ball.

"Les jeunes m'ont dit : vous avez tué un des nôtres. De toutes les manières, vous êtes une sale race, on va vous tuer aussi", assure de son côté un policier déployé à la Villeneuve, confirmant la haine de la police exprimée par de nombreux jeunes du quartier. "Tout ce qui est européen, on va tirer dessus", dit-il avoir également entendu.

Des groupes de jeunes armés de battes de base-ball et de barres de fer, voire d'armes à feu, ont affronté les forces de l'ordre pendant une partie de la nuit dans un quartier sensible de Grenoble. A l'origine de ces heurts : la mort d'un jeune poursuivi après un braquage.
Rappel des faits: Après avoir dérobé entre 20 000 et 40 000 euros au casino d'Uriage-les-Bains près de Grenoble, deux malfaiteurs ont été poursuivis par une patrouille de police et de gendarmerie. Après un échange de tirs, un voleur est mort et l'autre a pris la fuite.

Des riverains de tous âges, personnes âgées comme enfants, descendent dans la rue pour regarder les scènes de violence, et expriment eux aussi leur colère. Au passage des CRS, une femme âgée leur crie : "Rentrez chez vous !". "Les flics, quand on en a besoin, ils sont jamais là, zéro. Et quand on n'en a pas besoin, ils viennent. C'est à cause d'eux tout ça", accuse une jeune femme en djellaba bleue, descendue dans la rue à une heure avancée de la nuit alors que les forces de l'ordre tirent des flash-balls en l'air pour disperser les groupes. "Toutes les mamans, elles sont venues et elles ont vu le corps par terre. Qu'est-ce que ça veut dire tout ça. Les enfants sont choqués.
Les flics sont des chiens", ajoute une trentenaire portant le voile intégral, descendue vérifier que sa voiture ne brûlait pas. Un groupe de sexagénaires se lamente : "les jeunes déconnent. Ils n'ont plus rien dans la tête. Il ne faut pas qu'il y ait un autre mort, ça sert à rien tout ça", lance l'un d'entre eux.
La police affirme avoir agi en état de légitime défense lors de la mort de Karim Boudada, poursuivi jusque dans le quartier de la Villeneuve après le braquage du casino d'Uriage les bains
. Selon les forces de l'ordre, les malfaiteurs ont ouvert le feu avec des fusils d'assaut, blessant un policier à la tête. Les policiers assurent qu'ils ont alors riposté, tuant l'un des deux braqueurs, pendant que l'autre parvenait à prendre la fuite à pied.
Mais dans le quartier de la Villeneuve, la thèse ne passe pas, malgré l'annonce d'une autopsie samedi, qui doit préciser les circonstances de la mort de cet "enfant du quartier", et le lancement d'une enquête par l'Inspection générale de la police nationale. "Le quartier a très mal vécu la mort du jeune. Ils l'ont laissé crever par terre, ils ont laissé son corps sur le bitume au lieu de le transporter", affirme un habitant, répétant à l'envi la thèse qui circule dans ce quartier populaire de la Villeneuve. "Le sang venait de la tête. Il avait pas de cagoule. C'est sûrement les flics qui l'ont enlevée", assure pour sa part un jeune se disant témoin des échanges de tirs avec les policiers. Lui aussi accuse les services de secours de n'avoir pas tenté de le réanimer.


Des effectifs de police en baisse !

Face à la recrudescence de violences dans la région depuis plusieurs mois, le secrétaire départemental du syndicat SGP-FO, Daniel Chomette réclame des "effectifs supplémentaires" pour sécuriser l'agglomération grenobloise, touchée par une récente vague de violences, assurant que la police a "atteint un seuil de rupture". Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité SGP-Police, souligne que les effectifs de la sécurité publique de Grenoble ont subi une "baisse de 20%" depuis 2008. Dans le même temps, dit-il, une vingtaine d'homicides ont été commis ces dernières années dans des affrontements entre bandes rivales grenobloises et les attaques à main armée se sont multipliées dans la région. Nicolas Comte demande "expressément des renforts de policiers nationaux" dans la circonscription de Grenoble.
Le syndicat Alliance s'inquiète pour sa part de voir qu'une nouvelle fois
"des criminels lourdement armés n'ont pas hésité à tirer à plusieurs reprises sur des policiers pour couvrir leur fuite". Il rappelle le meurtre d'une policière municipale à Villiers-sur-Marne, près de Paris, le 20 mai dernier.
Quant au député-maire PS de la ville, Michel Destot, il a de nouveau réclamé la tenue d'un "Grenelle de la Sécurité urbaine qui réunisse, aux côtés des ministres compétents, les principaux élus et les préfets afin qu'une stratégie commune soit élaborée, notamment en terme d'affectation de moyens".

Source: TF1 News (avec agence) le 17 juillet 2010

 
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